Michael Parenti , essayiste américain est interviewé que le site chemarx, centre helvétique d'étude marxiste. Je marque l'interview car elle est intéressante sur la pensée de la démocratie aux USA et la pensée anti-américaine ailleurs (et notamment chez les anti-capitalistes). Dans un premier temps l'adage qui peut s'y rapporter est "les ennemis de mes ennemis ne sont pas forcément mes amis" et également "Ce n'est pas parceque l'on combat la dictature que l'on est démocrate". Plus loin les bases idéologiques dont les origines sont historiques, montrent les différences de perceptions de certaines notions (liberté, démocratie, morale) aujourd'hui.

En effet, le mythe de Che Guevara, rapporté à l'adulation de Fidel Castro n'est vraiment qu'un mythe tronqué de la liberté. Fidel Castro n'est qu'un dictateur qui en a renversé un autre. L'aspect moral que certains en tirent est que le dictateur renversé était soutenu par une démocratie (les USA), ce qui n'est pas moral et donc non-soutenable. L'espèce de corolaire - en fait un sophisme; qui en découle fait que celui qui le renverse, du coup ferait le bien. La morale s'arrêtant là , car le fait que le nouveau dictateur est lui soutenu par une dictature (URSS) est parfaitement compréhensible et acceptable. De 2 problèmes, l'ammalgame n'en fait plus qu'un, partiel et tronqué. Au bilan, la situation du pays ne change pas, mais seules les têtes changent - comme dans toute les révolutions sauf celles qui ont des "pères fondateurs" ayant une connaissance de la liberté.

C'est cette notion de "père fondateurs" qui sert de base à Michael Parenti pour son analyse de la démocratie américaine; elle repose sur ce que les pères fondateurs ont voulu: "Pour les concepteurs de la Constitution, la liberté signifie autre chose que la démocratie", c'est à dire "la constitution devait défendre la liberté de la classe dirigeante. La liberté signifiait la liberté d'investir, de faire du commerce et d'amasser des richesses, sans que le petit peuple puisse vous mettre des bàtons dans les roues." Ici, le besoin de démocratie apparait car "bien que bien des choses aient changé, la vision de base de la liberté des puissants contre les intérêts du simple citoyen est toutefois demeurée pratiquement inchangée." (*). Si le terme de "liberté" est expliqué dans certaines applications (en fait tronquée) le terme "démocratie" ne l'est pas du tout. Par contre à propos de l'argent public qui soutient les institutions (nationalisations etc) Michael Parenti, disserte plus sur la notion d'impôts et d'individualisme: "Ils se posent simplement la question de savoir pourquoi c'est le contribuable qui doit casquer." Michael Parenti illustre ici l'expression de la démocratie: le besoin de transparence des institutions et le droit individuel d'intervenir lorsque l'argent public est employé donc de la responsabilité des élites, en fait exactement l'opposé des propos des anti-capitalistes que l'on entend en Europe en général et du fonctionnement des institutions en France en particulier.
Cet aspect est très présent dans la volonté des pères fondateurs américains dont on retrouve les bases idéologiques dans Geoffroy de Monmouth et l'Histoire des rois de Bretagne (le mythe arthurien) qui marque la pensée Anglo-saxonne (**). Ce qui fait que Michael Parenti a plus une pensée anarchiste que marxiste.


(*) Je passe les propos "La liberté d'acheter et de vendre des esclaves, de garantir la grande propriété foncière, par exemple. L'abolition de l'esclavage a été perçue comme une forme de vol." car ce n'est pas le principe de commerce qui est en cause mais de la chose vendue. L'esclavagisme, aujourd'hui crime contre l'Humanité, ne peut être vu qu'avec une vision historique de la notion de citoyenneté: "faut-il être citoyen pour être Humain ?" (sujet de philo quand j'ai passé le bac) - sujet qui concerne également le colonialisme.
D'ailleurs, à propos de l'exclusion de la citoyenneté, il faut quand même rappeler aux adorateurs de Fidel Castro, que ce dernier enferme les malades atteints du sida.


(**) Il pourrait être intéressant de comparer le mythe Arthurien de celui de Che Guevara. La lutte pour la liberté, les valeurs morales de droiture, de refus du joug étranger, de respect des plus faibles, accepter les autres avec leurs différences, également les faiblesses d'être Homme (c'est à partir de la "matière de Bretagne" que c'est développé le roman). On peut même y voir la nécessité des mythes comme fondations d'une identité.


Fuzz

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