blog de yves le mestric
 
Culturofil, liberticide d'expression
Le site Culturofil est liberticide. Les gestionnaires du site affichent joyeusement "Vous aimez écrire? La culture vous passionne? Internet ne vous fait pas peur? Vous désirez rejoindre un magazine communautaire où l'avis de chacun compte? " sur le bandeau de première page, mais quand les commentaires ne leurs plaisent pas, ils les effacent. Dans la mesure ou ce site est communautaire, de la communauté de jacobins il s'entend, la seule autorisée en France.

A propos du livre sur Gambetta, Léon Gambetta. La Patrie et la République, voyant la béatitude de la critique affirmant sans peine "[qu']il est difficile d'en recommander la lecture en dehors des spécialistes et/ou des amoureux de l'histoire", j'avais posté un commentaire donnant le change historique à propos de ce personnage. Las, ce com à été supprimé très rapidement sans aucune prévention. Evidemment, en France seul "l'état rend libre" N. Sarkozy ou H. Guaino


Texte de la critique du livre

Texte du commentaire supprimé:

Critique du critique

Assurément, le jacobinisme à ses adorateurs. Hervé jeanney en est un. Il est vrai que la particularité de la pensée française est d'avoir développé un colonialisme de gauche - que même la gauche israelienne n'envie pas à la France. Pour reprendre la segmentation du président de telerama dans son edito annuel, la culture de gauche donne un blanc seing éthique en s'outrageant à outrance devant l'injustice de la misère qui va aux pauvres et la culture de droite magnifie le beau âque l'on croit immuableâ. Dans tous les cas, jamais la culture française ne va illuminer par son esprit éclairé les bas fonds des racines françaises. Que ce soit de la critique de la liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes qui ne peut que s'appliquer à quelques peuples lointains - sinon la conviction affirmée que cela â ne convaincrait même pas une bigoudène intégriste sous Prozacâ - il faut admirer la tournure de phrase, qui cherche à se rallier les railleurs et qui permet surtout de n'avoir pas à prononcer ââ un mot sur les contextes historiques et économiques de ces régionsâ; ou que ce soit de ceux qui s'autoproclame "pays des droits de l'Homme", mais dont le secrétariat aux droits de l'Homme dépend du ministère des affaires étrangères.
Le propre de la pensée qui se dit culturelle, quel que soit son bord, est de se reposer sur des partis pris qui ne sont plus à démontrer. Dans le domaine religieux, on appelle cela le dogme, dans la pensée jacobine, c'est la vérité.

Les louanges portées à Gambetta repose sur le même reflexe qui fit dire à Alain Souchon, interviewé dans Telerama (décidement, la culture télévisée se retrouve souvent écrite) âJ'ai beaucoup de tendresse pour les gens [du Magreb], les vieux qui sont assis, cette autre civilisation tout près de nous que nos grands-parents ont bousculée, pas méchamment, avec la colonisation â â.
Effectivement, quelque soit le personnage, quelque soit l'évênement, il est indispensable que ce que les français doivent en tirer soit bon.
Le mythe Gambetta répond à ce critère
Gambetta, dont le gouvernement ne pouvait être composé que d'élus de Paris - quelle est la définition d'imperialisme déjà ? En France, assurément c'est âvieille démangeaisonâ.
Gambetta, dont l'armée de Bretagne fut levée sur son ordre, ne reçut pas d'armement sur son ordre, partit combattre les prussiens sur son ordre et après s'être fait taillée en pièce, son ordre de diffuser l'information sur la lacheté (supposée) des Bretons ne fut pas appliqué par les prefets de Bretagne afin d'éviter la révolte devant tant d'injustice - comme quoi, désobéir aux ordres jacobins est à priori la seule planche de salut. tous les détails dans le livre de Jean Sibenaler Conlie : Les soldats oubliés de l'armée de Bretagne
Gambetta et ses amitiés toponymiques, notamment Jules Ferry qui aimait à dire (en 1883) qu'il ne fallait pas âsoutenir jusqu'au bout [la] thèse, qui repose sur l'égalité, la liberté, l'indépendance des races inférieures.â car â Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit sur les races inférieures. (â)Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures.(â)â reste assurément la valeur sàre pour afficher droitement son affection pour l'état séculaire, assurant la prébende et le couvent à tous ceux qui sauront â se délecter de sa magnificenceâ.

Mais pour finir, restons dans la culture française, que le monde entier envie à la France évidemment, la principale trace que ce monsieur a laissé dans l'histoire culturelle est la fabuleuse connotation péjorative du mot âopportunisteâ. Un simple regard sur le TLF (Tresor de la Langue Française) permet de se rappeler que:

A. (Celui, celle) qui est partisan de l'opportunisme (v. ce mot A), qui appartient à ce courant. Politique, presse opportuniste. Aux opportunistes du groupe de Gambetta, aux radicaux héritiers des Jacobins et dont Clemenceau devenait le chef (BAINVILLE, Hist. Fr., t.2, 1924, p.238).
[Le scrutin à deux tours] permettait aux légitimistes et aux orléanistes d'une part, aux radicaux et aux opportunistes d'autre part de se présenter séparément au premier tour (BELORGEY, Gouvern. et admin. Fr., 1967, p.29): â M. Rouvier n'appartient pas à la tribu des jeunes ministres, ni roses, ni teintés; il n'est pas radical, il n'est pas progressiste: il est âopportunisteâ. Il est de la bande de Grévy et de Gambetta, il appartient à la promotion de ce héros d'Anatole France qui savait si bien dire que nous n'avons pas, que nous ne pouvons pas avoir de politique étrangère, et qui savait pourquoi et qui savait comment. MAURRAS, Kiel et Tanger, 1914, p.186.

Et rajoutons en un tout petit peu, pour la plus grande gloire de la gauche Française:

B. Parfois péj. (Celui, celle) qui fait preuve d'opportunisme (v. ce mot B). Ses projets? Il n'en a pas, opportuniste en littérature (RENARD, Journal, 1893, p.151). On n'est pas calculateur des moindres frais, ni opportuniste, ni léger, quand il s'agit de Dieu (MALàGUE, Augustin, t.2, 1933, p.485). école Préparatoire. Une dérision. Ils [les mathématiciens] n'osent même plus l'appeler l'école Normale Supérieure. Un nid de couleuvres, de rats, de jésuites, de làches opportunistes (ARNOUX, Algorithme, 1948, p.100).
P. anal. La feuille de lierre est opportuniste; elle se développe comme elle peut (ALAIN, Propos, 1909, p.48). Les termites (â) sont avant tout opportunistes, et, tout en respectant les grandes lignes de leur destinée, savent (â) les plier aux circonstances (MAETERL., Vie termites, 1926, p.113).
REM. Opportunistement, adv., rare. D'une manière opportuniste. Afin même de ne pas trop montrer le bout de son oreille radicale au centre gauche, il [Brisson] a fort opportunistement jeté dans la Seine une partie de son bagage de quasi-intransigeant (Le Triboulet, 12 avr. 1885, p.4a ds QUEM. DDL t.17).

Adorons nous dans la joie disait le Seigneur, car je suis le gardien de mes brebis - mais que fait-on des brebis ?



NOTA: au passage, il faut noter que le sens premier, avant la connotation péjorative (trugarez aotrou Gambetta) d'opportuniste est "pragmatique".


Fuzz

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Commentaires
1.   SNK    jeudi 5 février 2009 à 13:02

Pourtant quand je vois ça : culturofil.net/2006/10/25... où est la censure ??

 
2.   SNK    jeudi 5 février 2009 à 22:17

Si on regarde l'article sur O jerusalem (culturofil.net/2006/10/25... Culturofil n'a pas l'air d'être liberticide comme vous le dites. :/

 
3.   yves le mestric    vendredi 6 février 2009 à 00:57

On dirait que vous ne savez pas ce que "censure" veut dire. Car mon commentaire été supprimé - un autre également, en fait tous mes commentaires ont été supprimés. Sans aucune explications. Mais il y en a une.

En France, ont peut parler de tout, sauf de la France. Et mes commentaires en parlent. La France en niant son passé colonialiste, jonché de massacres, doté de loi ségrégationnistes - terme que je n'ai jamais vu employé pour l'Algérie par exemple jusqu'en 1962 - a développé ce que l'on peut nommer Le bluff éthique - voir le livre de Frederic Schiffter - dont d'ailleurs la critique ne figure pas sur Culturofil (évidemment) - De plus, je ne vois pas le lien entre la censure et la critique (pas terrible) d'un film sur Israel. Ainsi, selon vous, faire une critique sur un film Israélien relèverait du courage et de l'ouverture d'esprit? Vous avez déj condamné le cinéma Israelien parcequ'il est Israelien? A mon avis une critique d'un film ne peut être qu'une critique de cinéma, et rien d'autre. A quel titre les Français peuvent-ils donner des leçons morales qui que ce soit? Qui se soucis des 20.000 morts de Sétif et Guelma en 1945 - qui se soucis des 1200 tirailleurs Sénégalais, assassinés par votre France parcequ'il réclamaient la même solde que les métropolitains? Et le massacre des Harkis, soldats Français abandonnés pour se venger des Algériens?

De toute façon, Culturofil émet des critiques digne de Télé 7 Jours, tintées de bon sentiments et sans approfondissements - La critique de "La grande Illusion" de Renoir est quasiment une insulte l'artiste. A fuir.

 
4.   H. Jeanney    mardi 10 mars 2009 à 12:19

Bonjour,
Je me permets de vous reparler. Je suis l'auteur de l'article sur Gambetta.
Il se trouve que depuis l'écriture de mon article, j'ai démissionné du site. Mais je ne viens pas ici cracher dans la soupe qui m'a nourri. En revanche, je suis assez d'accord avec vous pour dire qu' l'époque, nous vous avions censuré. Avec le recul, je regrette cela. Il est vrai qu' ce moment l donc, nous avions peur que mon article sur le livre consacré la Bretagne, que j'avais détesté, suscite sans fin des tribunes d'indépendantistes bretons dont certains étaient assez limites. Et par ricochet, vous aviez glissé sur Gambetta pour mieux raviver les polémiques. Mais bon, avec le recul, au fond, je ne referais pas la même chose.
Quant la qualité de mes critiques, bof, c'est vrai qu'on peut les trouver nulles. J'ai fait de mon mieux, sans doute ne pouvais-je guère plus. Mais c'est du passé tout ça... Et puis, au moins, vous avez ouvert votre blog aux commentaires, ce qui n'était pas le cas avant...
Hervé Jeanney

 
5.   H. Jeanney    dimanche 22 mars 2009 à 22:08

Ben alors, vous avez sucré mon commentaire tout gentil ? rhôôô, vous vous mettez ressembler ce que vpus dénoncez, c'est pas bien !...

 
6.   yves le mestric    mardi 31 mars 2009 à 23:01

Votre commentaire n'a pas été sucré, mais était dans le spam (avant de supprimer, je vérifie toujours).
Dans tous les cas votre com' me fait sincérement plaisir. En bon rousseauiste, je pense qu'il y a toujours un bon côté en chacun de nous qui peut prendre le dessus.

Pour ce qui est du roman de la Bretagne, les réactions polémiques sont globalement la mesure d'une critique qui ne l'était pas moins. Quand on se trouve au coeur d'une passion, il est très difficile de dépassionner (ce qui n'est pas du tout paradoxal).
Sinon, pour ce livre, je crois que vous ne l'aviez pas compris - il faut travailler l'histoire de Bretagne en dehors des versions officielles publiés par l'élite centraliste (évitez celles d'Alain Croix par exemple) pour aborder tranquillement le sujet.

En résumé, on peut dire que l'histoire de Bretagne est par essence polémique car source de conflits depuis 1200 ans (Gambette en fait partie).

Pour ce qui est de l'ouverture aux commentaires, effectivement. Je l'avais fermé cause du spam et je l'ai réouvert pour vous laisser un droit de réponse. Ce qui est fait et avec humilité. Je ne peux qu'admirer votre honnêteté.

 
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